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Illustration le poème "Fantôme" du recueil de Victor Hugo du recueil "Les Orientales", correspondant au passage suivant :" IVElle est morte. - A quinze ans, belle, heureuse, adorée!Morte au sortir d'un bal qui nous mit tous en deuil.Morte, hélas! et des bras d'une mère égaréeLa mort aux froides mains la prit toute parée,Pour l'endormir dans le cercueil.Pour danser d'autres bals elle était encor prête,Tant la mort fut pressée à prendre un corps si beau!Et ces roses d'un jour qui couronnaient sa tête,Qui s'épanouissaient la veille en une fête,Se fanèrent dans un tombeau. VSa pauvre mère! - hélas! de son sort ignorante,Avoir mis tant d'amour sur ce frêle roseau,Et si longtemps veillé son enfance souffrante,Et passé tant de nuits à l'endormir pleuranteToute petite en son berceau!A quoi bon ? - Maintenant la jeune trépassée,Sous le plomb du cercueil, livide, en proie au ver,Dort ; et si, dans la tombe où nous l'avons laissée,Quelque fête des morts la réveille glacée,Par une belle nuit d'hiver,Un spectre au rire affreux à sa morne toilettePréside au lieu de mère, et lui dit : Il est temps!Et, glaçant d'un baiser sa lèvre violette,Passe les doigts noueux de sa main de squeletteSous ses cheveux longs et flottants.Puis, tremblante, il la mène à la danse fatale,Au chœur aérien dans l'ombre voltigeant ;Et sur l'horizon gris la lune est large et pâle,Et l'arc-en-ciel des nuits teint d'un reflet d'opaleLe nuage aux franges d'argent."
1829
Mine de plomb, Papier
23.8 x 30.1cm
353
Image et texte © Maison de Victor Hugo, 2023

Présenté par

Maison de Victor Hugo
Collection permanente